
| Formation n°21c-1 |
[00:47] Au cours de cette "Formation Civilienne" 21c PARTIE 1, Michel Laloux et Stéphane Lejoly approfondissent un concept révolutionnaire pour l'avenir de l'enseignement : les Écoles de la Société Civile. Loin d’être une simple alternative privée, ce modèle propose une gestion autonome par les acteurs directs — enseignants et parents — pour sortir l'éducation de l'uniformisation étatique. |
Michel Laloux - Stéphane Lejoly
L'annonce
21c-1 - Le concept des Écoles de la Société Civile : un nouveau paradigme éducatif - PARTIE 1 : L'annonce Vidéo et rencontre n°21 A, B, C et D Dans les pays occidentaux, l'École Publique est à la croisée des chemins. A gauche, le monopole de l'Éducation Nationale ; à droite la libéralisation et donc la marchandisation de l'éducation. Des pressions de plus en plus nettes voudraient que l'on s'oriente vers cette deuxième voie. Certains signes montrent que nous sommes déjà engagés dans une privatisation rampante du système scolaire. Elle pourrait se révéler inéluctable si nous persistons à maintenir, dans sa forme, une organisation monolithique, d'un autre âge, et qui répond de moins en moins aux besoins de la jeunesse et de la société. A la croisée des chemins, il existe pourtant une troisième voie, celle qui consisterait à définir les bases d'un service public de l'éducation adapté à la jeunesse du 21ème siècle, et que nous appelons les Écoles de la Société Civile. Il s’agit des établissements publics gérés directement par les acteurs de l'éducation, enseignants et parents. Les enseignants et les parents auraient tout intérêt à explorer cette troisième voie. Pour avancer sur cette voie, il suffit d’accepter l’idée que le Service Public de l’éducation n’est pas immuable dans sa forme ! Pour introduire ce thème, nous vous proposons de visionner dès à présent une courte capsule vidéo (VidéoRencontre 21A - 16 minutes) puis, pour approfondir le thème, suivent ensuite, trois Rencontres Civiliennes. Depuis le 2 juin 2024, La Rencontre 21B prolonge ce qui vient d’être dit dans l'introduction en regardant de plus près la confusion fondamentale sur laquelle est basée le principe d’une École d’État et l’urgence qu’il y a à concevoir un nouveau service public de l’éducation impulsé et administré par la société civile. Lors de la Rencontre Civilienne 21C (en deux parties), nous décrivons plus en détail ces écoles, le rôle des enseignants et des parents, le réseau qu'elles créent ensemble, quelque soit leur orientation pédagogique, la façon dont elles obtiennent le label Écoles de la Société Civile et comment elles le conservent, grâce aux contrôles exercés par un organisme certificateur indépendant, etc. Dans la prolongation de cette rencontre, découvrez aussi la Charte des Écoles de la Société Civile qui décrit les éléments incontournables auxquels les Écoles de la Société Civile doivent s'engager pour obtenir leur label. Et enfin, lors de la Rencontre Civilienne 21D, nous proposerons des Principes juridiques de base pour des Écoles de la Société Civile, c'est-à-dire des instruments juridiques détaillés qui permettent de voir comment cette troisième voie peut s'envisager de façon concrète. Les droits et devoirs fondamentaux en matière d'éducation et d'enseignement y seront présentés ainsi que leur déclinaison dans des dispositions plus spécifiques au niveau de la loi et de la constitution. Ainsi une nouvelle forme de service public, directement accompli par les citoyens, pourrait se mettre en place; progressivement, sans révolution, sans réforme coûteuse et inapplicable ; tout simplement par l'évolution et le libre choix d'individus travaillant ensemble à l'éducation des enfants. En savoir plus ? Consultez les questions fréquemment posées (FAQ).
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21c-1 - Le concept des Écoles de la Société Civile : un nouveau paradigme éducatif - PARTIE 1 : Horodatage
00:00 Introduction : Le concept des Écoles de la Société Civile. Une gestion autonome par les enseignants et les parents. 01:19 Un service public non marchand financé par l’argent public. 02:40 Le fondement juridique : l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. 04:36 L’éducation comme transmission d'une culture ancrée dans son terroir. 07:50 Mobilité des élèves et adaptabilité face au changement. Apprendre à apprendre. 13:25 Réponse aux suspicions de mauvaises intentions. 15:25 Réponse aux craintes d’absence des apprentissages de base. 17:02 Les trois cercles de vigilance : élèves, parents et professeurs. 20:05 Exemples concrets de régulation organique au sein de l'école. 29:40 Une gouvernance autonome mais transparente. Le rôle de l’Institut d’Audit (pédagogique, social et financier). 31:01 L’importance de l’autonomie totale de l’école. 35:26 Libérer les rythmes d’apprentissage des normes d’âge rigides. 38:50 Une transition évolutive en cohabitation avec l’école d'État. 41:30 Pourquoi a-t-on créé ce terme de « civiliens ? ». Les Écoles de la Société Civile comme lieux de formation et d’apprentissage de compétences éducatives et pédagogiques pour les parents. 44:48 Éduquer à l’autonomie par l’exercice réel de la liberté. 45:30 Conclusion et annonce de la seconde partie.Sommaire de la vidéo :
Thèmes
21c-1 - Le concept des Écoles de la Société Civile : un nouveau paradigme éducatif - PARTIE 1 : Thématiques abordées [00:47] Au cours de cette "Formation Civilienne" 21c PARTIE 1, Michel Laloux et Stéphane Lejoly approfondissent un concept révolutionnaire pour l'avenir de l'enseignement : les Écoles de la Société Civile. Loin d’être une simple alternative privée, ce modèle propose une gestion autonome par les acteurs directs — enseignants et parents — pour sortir l'éducation de l'uniformisation étatique. [01:19] Dès l'entame du dialogue, la distinction est clairement posée : il ne s'agit pas de "marchandiser" l'éducation. Les écoles de la société civile sont des structures de service public qui perçoivent de l'argent public, mais qui refusent la logique du profit ou du contrôle bureaucratique centralisé. Le constat est sans appel : l’État, par sa nature uniformisante, peine à répondre aux besoins subtils et diversifiés de l'éducation au XXIe siècle. La solution réside dans une école gérée par la société civile, garantissant une gratuité et une accessibilité totale tout en offrant une liberté d'action inédite. [02:40] Michel Laloux rappelle un point d'ancrage juridique majeur : l'article 26 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948). L’article 26 stipule que les parents ont la priorité pour choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants. Pourtant, la plupart des pays occidentaux ont délaissé ce principe au profit d'une gestion monopolistique par l'État. Réclamer l'école de la société civile, c'est donc d'abord exiger l'application d'un droit humain fondamental. [04:36] Le dialogue file une métaphore riche : celle du terroir. Tout comme on ne viendrait pas à l'idée d'uniformiser le goût des vins de toutes les régions, la culture — et donc l'éducation — devrait naître de la spécificité des régions et des familles. L'éducation nationale actuelle est décrite comme une "monoculture hors-sol", là où les Écoles de la Société Civile proposent une diversité pédagogique enracinée dans la vie locale, les terroirs et les familles, dans toutes les subtilités de la vie. Ceci mène à une différenciation de l’éducation. [07:50] Une objection fréquente à l'autonomie est la crainte que l'enfant ne puisse pas s'adapter s'il doit changer d'école. Les intervenants inversent cette perspective : c'est précisément l'uniformisation qui tue l'adaptabilité. En se focalisant sur des savoirs abstraits et standardisés, l'école actuelle néglige la créativité et la mobilité intellectuelle. L'école de la société civile, en revanche, privilégie le développement de la faculté d'apprendre à apprendre. Un enfant agile intellectuellement saura s'adapter à n'importe quel contexte, qu'il change de région ou de métier plus tard. [13:25] Face à des suspicions d’une volonté intentionnelle de mal faire imputée aux personnes responsables d’Écoles de la Société Civile, il faut rappeler qu’une telle suspicion est contraire à toute notion de Droit, où l’on présuppose que la personne est innocente et pas déjà coupable a priori. [15:25] Et face à la peur d’absence des apprentissages de bases : qui aujourd’hui au XXIe siècle parmi les enseignants n’aurait pas notamment parmi ses objectifs, d’apporter les savoirs de base ? Les Écoles de la Société Civile par leur créativité et leur inventivité apporteront bien plus que le « squelette de la connaissance que représentent les savoirs de base. [17:02] Face aussi aux risques d’insuffisances et de dérives (dérives sectaires ou pédagogiques) Michel Laloux présente un système de garde-fous beaucoup plus réactif que l'inspection d'État, État qui serait soi-disant le seul garde-fou face aux dérives : la vigilance croisée de trois cercles. Mettre davantage de responsabilités dans les mains des enseignants et des parents mène à un engagement plus grand de leur part. [20:05] Michel Laloux illustre cette réactivité par des exemples concrets où des dysfonctionnements ont été réglés en quelques jours par le dialogue entre parents et professeurs, là où une machine administrative aurait mis des mois, voire des années, à intervenir. [29:40] Pour garantir la qualité et l'usage des fonds, les Écoles de la Société Civile fonctionnent avec des Instituts d'audits. Ces derniers n'imposent pas un programme national, mais vérifient que les écoles sont fidèles à leurs propres projets éducatifs, pédagogiques et d'établissement qu’elles élabores chacune sur une base totalement autonome. Il s'agit d'un audit à trois niveaux : pédagogique, social et financier (notamment l’emploi des fonds publics conformément à la Charte des Écoles de la Société Civile). Parents et enseignants s’engagent par rapport au projet pédagogique et au projet d’établissement de leur choix. Ces projets communiqués de manière transparente ainsi que l’engagement des parents constituent une garantie pour toutes les parties. [35:26] L'autonomie permet également de sortir de la "dictature de l'âge". Dans ces écoles, on ne force pas un enfant à lire à tel ou tel âge si sa maturité n'est pas encore là. L’important est que l’élève puisse s’intégrer à la société sans avoir été bloqué par certaines choses durant sa scolarité. Cette liberté pédagogique permet ainsi d'éviter les blocages et de rattraper des "retards" apparents en quelques semaines dès que l'enfant est prêt. Ce ne sont plus les normes extérieures et qui déterminent l’acte pédagogique, mais l’expérience de la réalité du terrain. [38:50] Ceux et celles, enseignants, parents et institutionnels qui voudront poursuivre au sein des écoles d’États avec le programme de l’État le feront. Tout le monde n’est pas prêt, pour une multitude de raisons légitimes, à se lancer dans un projet d’autonomie. Il s’agit donc nullement de supprimer l’école d’État, mais de créer une ouverture pour les Écoles de la Société Civile. Le processus sera évolutif. D’autant plus qu’un aspect majeur souligné par Stéphane Lejoly est que l'autonomie ne se décrète pas, elle s'apprend. Ce dont on a besoin pour développer des Écoles de la Société Civile : 1) D’un côté des garde-fous 2) De l’autre côté, laisser le temps aux parents et enseignants d’apprendre l’autonomie ainsi qu’apprendre à être parents L’apprentissage de l’autonomie ne peut toutefois pas se faire tant qu’il existe une tutelle extérieure. Les Écoles de la Société Civile sont des lieux qui donnent l’occasion aux parents de se former, de faire un chemin dans le développement de leurs capacités pédagogiques, et aux enseignants de faire un chemin dans leurs capacités de gestion autonome de l’école (d’autant qu’on attend des enseignants qu’ils éduquent à l’autonomie… des élèves). La vision proposée par cet échange n'est pas celle d'un grand soir brutal, mais d'un processus évolutif. L'idée est de faire coexister l'école d'État et des Écoles de la Société Civile pour laisser le temps aux consciences de mûrir. En se jetant à l'eau, les pionniers de ces écoles autonomes tracent la voie d'une société plus responsable, où l'éducation n'est plus un outil politique, mais le berceau de la liberté individuelle et de la solidarité sociale. La vidéo suivante (21c – PARTIE 2) permettra de mieux cerner le fonctionnement des Écoles de la Société Civile et la coopération entre elles. Visionner cette seconde vidéo stimulera votre imagination créatrice. 45:30 Conclusion et annonce de la seconde partie.
Thèmes abordés dans cette vidéo
Une rupture avec le modèle étatique : les Services publics de la Société Civile
Le fondement de l'autonomie : une question de droit et de culture
L'article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : un droit fondamental trop souvent oublié

L'École comme « Terroir de culture »



Des écoles de la mobilité : apprendre à apprendre
Les garanties face à l'arbitraire [12:19] : la régulation organique



Les trois cercles de vigilance



La réactivité du terrain
Une gouvernance autonome mais transparente


L'Institut d'audit
Un exemple de liberté pédagogique : la détermination des rythmes d'apprentissage, par les écoles
Non pas supprimer les écoles d’État mais créer une ouverture pour les Écoles de la Société Civile, lieux d’apprentissage à l’autonomie pour parents et enseignants









Conclusion : une vision d'avenir évolutive
Illustrations
Q-R
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