
| Formation n°18a |
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Dans l’histoire de l’humanité, le salariat est une pratique très récente dont on peut se demander s’il correspond à une économie saine, une économie qui serait centrée sur l’humain. Pour répondre à cette question, il est utile de considérer la situation du travailleur indépendant telle que celle de l’artisan, lequel se rémunère à partir de ce qui reste lorsqu’il a payé toutes ses charges. Lors de cette Rencontre Civilienne, nous verrons comment étendre cette notion à l’ensemble de l’économie, ce qui conduira à voir l’aberration consistant à considérer que le salarié est une charge pour l’entreprise. Nous aurons ainsi une méthode pour que l’être humain ne soit plus contraint de se vendre sur le marché du travail. Cette rencontre civilienne est scindée en deux parties : la partie (A) le 15/01/2023 et la partie (B) le 29/01/2023. |
Michel Laloux - Stéphane Lejoly
L'annonce
18a - Travail et rémunération (A) : L'annonce Rencontre n° 18A Dans l’histoire de l’humanité, le salariat est une pratique très récente dont on peut se demander s’il correspond à une économie saine, une économie qui serait centrée sur l’humain. Pour répondre à cette question, il est utile de considérer la situation du travailleur indépendant telle que celle de l’artisan, lequel se rémunère à partir de ce qui reste lorsqu’il a payé toutes ses charges. Lors de cette Rencontre Civilienne, nous verrons comment étendre cette notion à l’ensemble de l’économie, ce qui conduira à voir l’aberration consistant à considérer que le salarié est une charge pour l’entreprise. Se posera alors la question de la relation juridique liant un collaborateur à l’entreprise dans laquelle il est actif professionnellement. Nous ferons la distinction entre le fait de travailler et celui d’être rémunéré. Ce qui amènera une notion révolutionnaire, celle du double contrat : l’un pour la collaboration avec l’entreprise, l’autre pour la rémunération. Ce dernier étant établi avec un nouveau type d’organisme que nous appellerons Fonds de Rémunération. Comment sont organisés ces Fonds, comment permettent-ils une sécurité et une libération de la relation de dépendance qu’exerce le salariat ? C’est ce que nous regarderons lors de cette 18ème Rencontre Civilienne. Nous aurons ainsi une méthode pour que l’être humain ne soit plus contraint de se vendre sur le marché du travail. Cette cinquième Rencontre Civilienne consacrée au thème du travail ne peut être séparée des quatre qui l’ont précédée. Faire sortir le travail de l’économie suppose d’intégrer les différents aspects que nous aurons ainsi abordés au cours de ces cinq dernières rencontres. Cette rencontre civilienne est scindée en deux parties : la partie (A) le 15/01/2023 et la partie (B) le 29/01/2023. Dimanche 15 janvier 2023
Audio - Vidéo
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La formation en vidéo :
18a - Travail et rémunération (A) : Horodatage
Quelques points clés abordés lors de cette rencontre
00:00:30 Introduction - Rencontre civilienne 18 : Travail et rémunération
00:01:50 Contexte : L'entreprise comme bien commun libérée de la propriété capitaliste
00:03:21 Rappel : Le financement de l'économie non marchande est central et garantit le plein emploi
00:07:08 Synthèse : Plus de capital actionnarial, financement par prêts, bénéfices affectés aux 7 facteurs
00:10:04 Les 7 facteurs de création de valeur : 1-collaborateurs, 2-clients, 3-fournisseurs, 4-services publics, 5-l’éducation, la santé, la culture, 7-Recherche et développement, 8-les infrastructures
00:11:09 Principe de base : La rémunération provient du résultat de l'entreprise (comme pour l'artisan)
00:13:32 Changement de perspective : La rémunération est en réalité orientée vers le futur, non le passé. C’est-à-dire qu’une rémunération touchée périodiquement est à concevoir comme une avance sur un résultat à venir. Et elle permet aux collaborateurs de produire à nouveau.
00:18:05 Révolution comptable : les collaborateurs et leurs rémunérations ne sont plus une charge pour l’entreprise, ils constituent une opportunité. Les collaborateurs sont rémunérés sur base des résultats ( résultat d'entreprise = au produit moins charges).
00:21:20 Détermination des prix : Basée sur les besoins réels de l'économie et des 7 facteurs. Un renversement total de perspective.
00:29:36 Rôle des économistes : S'occuper de l'économie réelle (et pas l’économie financière), évaluer les besoins globaux. Totaliser de manière précise le chiffre d’affaires (et les résultats) de toutes les entreprises marchandes et les ramener aux besoins des 7 facteurs ce qui permet de les rémunérer et aussi d’établir des clés de répartition.
00:33:51 Tous les collaborateurs ainsi que le chef d’entreprise partagent dorénavant les bénéfices : leurs intérêts sont convergents !
00:35:46 Quid si moins de travail ? Exemples : (1) robotisation, (2) aléas conjoncturels
00:40:02 Innovation majeure : Séparation travail/rémunération – Au lieu d’un seul contrat de travail, deux contrats distincts (mais pas avec les mêmes entités) : (1) contrat de collaboration avec l’entreprise, lequel peut être interrompu et (2) contrat de rémunération avec un fonds de rémunération. La rémunération peut continuer même si la collaboration doit diminuer ou s'interrompre parce qu'il y a une conjoncture défavorable.
00:41:10 Les fonds de rémunération : des services publics civiliens. Chaque civilien choisi le fonds qui le rémunère dans toutes les situations de vie, au lieu d’une multitude de services.
00:44:22 Financement continu : L'entreprise verse aux fonds de rémunération, même après fin de collaboration. Possibilités de créations de postes de travail dans l’économie marchande, de reconversion vers l’économie non marchande, de financement de formations, financés notamment par les résultats de la robotisation.
00:51:45 Les avantages du double contrat : souplesse, diminution de la peur de perdre son emploi
00:54:00 Quelle est la différence entre fonds de rémunération et caisse d’allocation de chômage ? 100% des personnes sont inscrits au fonds de rémunération. Accompagnement réel de la personne centré sur la recherche de solutions versus gestion administrative
Thèmes
18a - Travail et rémunération (A) : Thématiques abordées Dans un monde où les inégalités salariales se creusent et où la précarité de l'emploi augmente, il est temps de repenser radicalement notre système de rémunération du travail. La 18e rencontre civilienne, animée par Stéphane Lejoly et Michel Laloux, propose une vision révolutionnaire qui pourrait bien transformer notre rapport au travail et à l'argent. Un nouveau paradigme économique Le modèle civiliens repose sur une idée fondamentale : l'entreprise doit être considérée comme un bien commun, libérée de la propriété du capital par les actionnaires. Comment ? En transformant le capital en simple prêt remboursable. Une fois remboursé, l'entreprise devient totalement autonome et libre. Au-delà des collaborateurs Le modèle civiliens identifie sept facteurs essentiels qui contribuent à la création de valeur dans l'entreprise : Chacun de ces facteurs doit être rémunéré à hauteur de sa contribution réelle à la création de valeur. C'est une révolution dans la distribution des richesses créées par l'entreprise. La rémunération des collaborateurs n'est plus une charge : un changement de paradigme comptable Dans la comptabilité traditionnelle, les salaires apparaissent comme des charges à minimiser. "Je ne comprends pas que les syndicats ne bondissent pas", s'exclame Michel Laloux. Les collaborateurs ne sont pas une charge, ils sont créateurs de valeur ! Deux contrats pour plus de flexibilité et de sécurité Le modèle propose une innovation majeure : deux contrats distincts : Les avantages de cette séparation Un accompagnement global tout au long de la vie Les fonds de rémunération sont des organismes sans but lucratif qui : Contrairement aux caisses de chômage actuelles, les fonds de rémunération : Quand une entreprise robotise et augmente ses bénéfices : Avec le financement garanti de l'économie non marchande (santé, éducation, culture, recherche), le chômage structurel disparaît. Il reste uniquement un chômage frictionnel de transition. Un changement de perspective fondamental La rémunération n'est plus vue comme le paiement d'un travail passé, mais comme moyen pour rendre possible le travail futur. Cette vision change profondément notre rapport au travail et à l'entreprise. Des implications concrètes Une approche basée sur les besoins réels Les prix ne sont plus déterminés par : Mais par : Les économistes peuvent enfin "s'occuper d'économie" réelle plutôt que de produits financiers complexes. Leur mission : évaluer les besoins globaux de la société et établir des clés de répartition équitables. Les bénéfices attendus Ce modèle de rémunération civiliens promet : Cette vision peut sembler utopique, mais elle repose sur des mécanismes économiques concrets et réalisables. Elle nécessite avant tout un changement de paradigme dans notre conception même de l'entreprise, du travail et de la rémunération. La question n'est plus de savoir si c'est possible, mais quand nous aurons le courage de le mettre en œuvre.
Révolutionner la rémunération du travail : vers un modèle économique plus juste et durable
Introduction : Repenser fondamentalement le travail et sa rémunération
L'entreprise comme bien commun : la fin du capitalisme actionnarial
Les implications concrètes
Les 7 facteurs de création de valeur : une vision holistique
Une rémunération équitable pour tous
L'absurdité du système actuel
La nouvelle équation
Une autre innovation majeure : séparer contrat de travail et contrat de rémunération
Les fonds de rémunération : un nouveau service public civilien
La différence avec le système actuel
La robotisation devient une opportunité, non une menace
Le financement de la transition
Vers le plein emploi
La rémunération orientée vers le futur
Comment déterminer les prix dans ce nouveau modèle ?
Le rôle renouvelé des économistes
Conclusion : Un modèle révolutionnaire mais réalisable
Un appel à l'action
Illustrations
Q-R
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18a - Travail et rémunération (A) : Discussions 18a-A1 Sur la question de la robotisation Bonjour à tous et d'abord merci pour cette 18eme rencontre à nouveau bien stimulante. J'aimerais revenir sur l'exemple de la robotisation, et plus généralement sur la question du progrès technologique. Tu as dit Michel que ce progrès n'était pas un problème en lui-même, mais qu'il ne devait pas s'appliquer dans les entreprises au détriment des collaborateurs. Est-ce que ça ne mériterait pas quelques développements ? Car aujourd'hui, dans de nombreux domaines, c'est justement cela qui se produit : loin d'être neutre, le progrès technologique actuel, dans nos économies capitalistes financiarisées, est fortement orienté par les détenteurs de capitaux en vue d'augmenter la productivité tout en réduisant le "coût du travail" : les machines remplacent les humains, sont rapides, ne font jamais grève, et il n'y a pas de charges sociales à payer pour elles... Et même si elles réalisent les tâches répétitives et fastidieuses, le rôle des employés qui restent… Florent 18a-A2 On n’est jamais assez précis et, par tes commentaires, tu me donnes l’occasion de compléter ce que j’ai dit dans la vidéo. Mon propos s’appliquait au contrat de collaboration et au contrat de rémunération. Sur ce plan, la robotisation ne me semble pas tuer l’emploi, comme l’on dit, si nous sommes dans une situation correspondant à celle qui est décrite dans la formation civilienne 18A. Aujourd’hui, du point de vue du contrat de travail, la robotisation supprime des postes sans forcément en recréer d’autres et en tous cas pas dans le domaine non-marchand. Elle a donc de sérieuses conséquences sur les collaborateurs qui se retrouvent au chômage avec tous les dommages que l’on sait, surtout si la robotisation touche, en même temps, de nombreuses entreprises. Sur d’autres plans la robotisation peut engendrer des problèmes comme ceux que tu décris : le travail presse-boutons, l’ergonomie, la santé au travail, l’environnement, la qualité des produits, etc. Ces problèmes existent également indépendamment de la robotisation même si celle-ci risque fortement de les accentuer. Ceci pose deux questions : Michel