
| Formation n°12 |
La deuxième qualité de la monnaie, le prêt, induit une organisation différente de celle de la monnaie de paiement. Les institutions qui en découlent ne sont pas dans la même dynamique que les Instituts de Paiements dont nous avons parlé lors de la formation civilienne 11. Pour clarifier la nature du prêt, nous commencerons par aborder ces questions:
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Michel Laloux - Stéphane Lejoly
L'annonce
12 - La monnaie de prêt ET les Instituts de financement - Partie 1 : L'annonce Rencontre n°12 La deuxième qualité de la monnaie, le prêt, induit une organisation différente de celle de la monnaie de paiement. Les institutions qui en découlent ne sont pas dans la même dynamique que les Instituts de Paiements dont nous avons parlé lors de la Rencontre Civilienne 11. Avant de décrire ces Instituts de Monnaie de Financement, qui auront pour mission d’attribuer les prêts, nous avons besoin de répondre à trois questions : Si nous regardons ce qui se passe aujourd’hui, nous verrons que l’actualité est sous-tendue par ces trois questions puisque les principales Banques Centrales pratiquent des intérêts négatifs ; qu’elles prêtent des milliers de milliards aux banques et aux États et que ceux-ci proviennent d’une création monétaire qui n’a jamais existé dans de telles proportions. Il est donc important de clarifier la question du prêt et d’en déduire un fonctionnement très différent de celui qui a cours aujourd’hui et qui aura pour caractéristique principale d’orienter les prêts uniquement vers l’économie réelle. Certes cela bousculera les idées que l’on se fait habituellement sur l’intérêt, l’épargne, la banque et la Banque Centrale. Mais la situation de l’économie mondiale nous montre que nous ne pouvons faire l’économie d’une re-visite de ces fondamentaux. Dimanche 11 avril 2021
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12 - La monnaie de prêt ET les Instituts de financement - Partie 1 : Horodatage
Quelques points clés abordés lors de cette rencontre
0:01:51 - Les conceptions de l’argent et de la monnaie peuvent être très différentes les unes des autres ! Ces concepts ont des impacts phénoménaux.
0:04:02 - Rappel du contexte : les trois qualités de la monnaie et la croix de l’économie
0:07:26 - Lorsque la monnaie est comprise comme une comptabilité, de nouvelles possibilités apparaissent
0:08:31 - Il y a-t-il une réalité économique sous-jacente aux intérêts sur les prêts ?
0:10:11 - Qui crée la valeur ? L’emprunteur ou le prêteur ?
0:11:38 - Que représente le coût des intérêts ? Examen d’un exemple concret : un prêt immobilier
0:15:14 - Les intérêts font monter le prix des prestations et des salaires. Ils coûtent extrêmement cher à l’économie. Dans tout ce que nous achetons il y a environ 30% qui servent à payer ceux qui prêtent sans créer de valeur.
0:19:37 - Une fausse croyance : celui qui prête de l’argent ou qui apporte du capital serait soi-disant celui qui crée la valeur.
0:22:26 - Le cas des taux d’intérêt négatifs. La financiarisation atteint ses limites.
0:26:11 - Un changement de paradigme : prêter sans intérêts. On commence à accepter que l’argent perd de sa valeur.
0:29:33 - Le prêt est-il nécessaire dans l’économie ? Rappel de la tension fondamentale qui concerne la monnaie. Éviter l’accumulation de monnaie en (1) interdisant l’intérêt, en (2) décourageant l’épargne en faisant vieillir l’argent.
0:32:42 - Le prêt est une anticipation comptable que fait l’ensemble de l’économie vis-à-vis d’un projet.
0:36:08 - Les subventions versées par les États sur base… d’emprunts. Un non sens !
0:38:50 - Le prêt : une monnaie orientée futur, différente de la monnaie d’épargne (orientée passé) et de la monnaie de paiement (orientée présent). L’image de l’écoulement d’un fleuve.
0:40:43 - Pourquoi a-t-on besoin d’un prêt ?
0:45:16 - Le prêt conçu comme un service public de la monnaie, géré par la SOCIÉTÉ CIVILE
0:49:02 - Comment des « instituts de financement » pourraient-ils financer l’économie par des prêts, sans capitaux propres ? La grosse illusion de l’argent soi-disant créé ex nihilo. L'argent qui est prêté est créé... à partir du futur
0:51:14 - Exemple chiffré d’une pseudo création ex nihilo
0:59:17 - L’argent de prêt n’existe que pour un court instant
1:04:55 - On peut tout à fait se passer de banque centrale !
1:12:27 - L'actuel retour des États centraux forts
1:13:56 - On doit mettre autant de forces pour transformer l’État que pour l’économie. Pour ce faire, nous avons besoin d’idées nouvelles tournées vers le futur.
1:14:32 - Intermède
1:18:05 - La monnaie créée par anticipation pour un prêt ne peut concerner que l’économie RÉELLE. Par exemple : impossibilité de financer des achats d’entreprises par "effet de levier".
1:21:42 - La nécessité d’un équilibre dans la création monétaire – Comment éviter de créer de la monnaie pour des projets illusoires ? Un point à clarifier encore.
1:24:19 - L’économie est vivante et mobile comme l’eau. Impossible de tout contrôler. Il y a une part de risque malgré tout.
1:27:11 - Si l’argent était vraiment créé ex nihilo, avec quoi les emprunteurs rembourseraient-ils ? Aussi avec de l’argent ex nihilo ? À méditer.
1:28:02 - Fin de rencontre
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Q-R
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12 - La monnaie de prêt ET les Instituts de financement - Partie 1 : Discussions 12-A1 Qu'est-ce qui garanti une quantité de monnaie suffisante dans un système monétaire ? Cher Michel, Dans ton intervention tu as dit qu’un prêt était une anticipation sur un projet à venir, un projet qui créera des valeurs ajoutés pour l’économie. Comme corollaire à cela, tu as dit que de la monnaie qui serait ainsi créée par les instituts de financement serait de la monnaie orientée futur. Bien que je me sente parfaitement en accord avec cette approche de l’économie, émerge pour moi à cet endroit précis un ensemble de questions qui sont sans doute naïves … Les questions naïves que je me pose sont les suivantes : 1) Le raisonnement suivant est-ils juste ? : Dans une zone économique donnée, si beaucoup de prêts sont accordés en même temps à plusieurs entreprises, cela ne crée-t-il pas mécaniquement une grande quantité de signes monétaires qui vont se retrouver dans la comptabilité des fournisseurs et sur les fiches de paye des salariés, qui vont eux-mêmes consommer etc. s’ensuit une chaîne d’échanges qui semblent être d’autant plus importants que la somme des emprunts eut été élevée … Et … qu’au fur et à mesure que ces entreprises rembourseront leur emprunt la somme des signes monétaires disponible diminuerait, contractant le volume des échanges qui avait été rendu possible ? 2) Le concept de masse monétaire, ou de quantité de monnaie disponible sont-ils valides ? 3) Est-ce que même dans une optique ou l’argent devient pure comptabilité, des signes monétaires ne doivent-ils pas être créés en une certaine quantité suffisante ? Y a-t-il un seuil ? Comment définir ce seuil ? 4) Le mécanisme des prêts ou emprunts, tel que tu l’envisages, est-il suffisant en lui-même pour que les signes monétaires se trouvent toujours disponible en quantité suffisante là ou l’économie en nécessite l’usage ? 5) Si grâce à l’emprunt l’entreprise ou les entreprises créent de nouvelles valeurs, la société ne doit-elle pas faire augmenter au moins un petit peu la quantité des signes monétaires pour que les nouvelles valeurs trouvent leur contrepartie ? Jérémy 12-A2 Je trouve ta question intéressante, Jérémy. Et je m'y associe en quelque sorte. Car en effet, que l'argent soit créé par le crédit, m'apparaît comme un problème fondamental de l'ordre économique actuel. Je n'ai toujours pas compris pourquoi Michel y recourt (ça fait pourtant des années que je le suis et l'apprécie). Toute nouvelle production (à-venir), doit bien quand même dépendre d'un déjà produit (en quelque sorte "comptabilisé"). Je suis donc curieux de ce que sera sa réponse. Une partie des éléments de ma réflexion est rassemblée sur la page du site dont je m'occupe : https://www.triarticulation.fr/Institut/FG/PagesThematiques/Argent.html François 12-B1 Bonjour Michel, bonjour Stéphane Qu'en est-il des assurances-vie ? André 12-B2 L'assurance-vie est dans une situation délicate, avec les taux bas auxquels sont venus s'ajouter les incertitudes économiques provoquées par la crise sanitaire. Les rendements de ce type de placements sont historiquement bas. La question que certains analystes se posent est celle de la résistance des assureurs en cas de crise financière globale. Un krach pourrait bien se produire. Comme dans de nombreux autres domaines, la crise actuelle accélère, ici aussi, la remise en cause de tout ce qui est posé sur des fondements inappropriés. Sur le fond, l'assurance-vie est une forme particulière d'épargne qui cherche un rendement dans l'économie virtuelle. Elle contribue donc fortement à la pollution de l’économie. Dans les dernières formations civiliennes, nous avons vu que la santé de l’économie dépendait du fait que la monnaie serve essentiellement à comptabiliser les échanges présents. Elle devrait donc être stockée le moins possible. D’où les mesures préconisées pour décourager l’épargne. Il faudrait se demander en quoi réside le besoin d’une assurance-vie. On verrait alors qu’il est surtout lié aux problématiques de la rémunération et des retraites. Si celles-ci étaient organisées dans le sens d’une économie saine, chacun aurait suffisamment pour vivre, même après avoir quitté la vie active. Le besoin d’une assurance-vie disparaitrait alors de lui-même. Nous aborderons ces questions de rémunération et de retraites dans de futures formation civiliennes {NDLR : la formation n°17}. Michel